16.02.2012
Des complicités européennes

Dans Le Figaro, le géopoliticien d’origine grecque Georges Prévélakis se demande si les faiblesses de la société grecque (“l’État surdimensionné, le clientélisme, la corruption, l'incompétence de l'administration et le manque de compétitivité”) sont uniquement la faute des Grecs :
"N'a-t-on pas toléré, voire encouragé, le clientélisme et la distribution de la rente européenne pour éviter des débordements politiques qui auraient pu menacer le rôle de la Grèce dans le dispositif militaire occidental? Qui pourrait imaginer que les réseaux de corruption situés au plus haut niveau de l'État grec n'ont pas bénéficié de complicités européennes? L'encouragement méthodique de la consommation ostentatoire n'est-il pas lié aux lobbys des pays exportateurs de voitures de luxe? Le rachat des industries grecques par des groupes européens soucieux de récupérer le réseau de distribution de celles-ci n'a-t-il pas contribué au creusement du déficit commercial? […] On peut difficilement prétendre qu'il n'y a eu que les Grecs à avoir profité du laxisme qui s'est instauré dans leur pays."
Les solutions envisagées par l’Europe – ”tutelle, voire mise de la démocratie entre parenthèses” – constitueraient selon Prévélakis
"un pas de plus vers la dérive post-démocratique de l'Europe. Ce serait oublier que l'identité grecque s'est construite autour du thème de la résistance, considérer naïvement que les menaces, les humiliations et les pressions pourront contenir une colère populaire qui s'exprime aujourd'hui par un anti-occidentalisme aigu. Les printemps arabes ne sont pas si loin."
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